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1982-85: retour de la démocratie; gouvernement de Siles
     
 

Tant le pluripartisme du parlement que le respect total des libertés des citoyens et de la constitution initièrent une réelle démocratie pour la première fois dans le pays. Depuis 1952 les gouvernements démocratiquement élus n’avaient pas respecté les libertés des citoyens. Avant 1952 le vote démocratique était restreint au vote qualifié.

En 1982 on chercha à institutionnaliser le système démocratique afin de garantir sa survie dans le temps. On réforma la Constitution politique de l’état, on approuva des modifications au système judiciaire, on garanti la transparence des élections à travers des modifications de la loi électorale, on modifia le système d’élection de membres de la cours suprême de justice, le contrôleur général et le fiscal général. On approuva l’existence d’un tribunal constitutionnel et un défenseur du peuple.

Il n’y eut plus, jusqu’en 2002 de majorité absolue, et le congrès dut choisir le Président. Pour la première fois les partis furent obligés de faire des alliances afin d’acquérir le vote parlementaire et gouverner en coalition.

En 1985, pour la première fois de son histoire, lorsque Hernan Siles du UDP-MNRI transmit le pouvoir à Victor Paz du MNR, la Bolivie vécu la transmission pacifique et démocratique du gouvernement à l’opposition.

La Bolivie suivit la tendance mondiale de cette période en réduisant le pouvoir de l’état, ouvrant le pays à une économie de marché à travers de nouveaux ajustements économiques, se tournant vers un état régulateur et non administrateur des biens nationaux et des systèmes de production. Tout au long de ces 18 ans de changement (1985-2003) il fallu combiner le libéralisme économique et la pauvreté (la Bolivie se trouvait alors parmi les 5 pays les plus pauvres d’Amérique Latine).

La récupération économique après la crise des années 80 fut lente; le pays perdit un tiers de sa capacité productive et rétrocéda d’une décade en avancée économique. La décroissance du PIB pulvérisa le pouvoir d’acquisition et le niveau de vie tomba plus bas que celui des années 70. Les exportations chutèrent de 40%.

La relation de la Bolivie avec les États-Unis entra dans une phase de dépendance aigue et de conditionnement pour la production massive de coca pour le trafic de stupéfiant. Les pressions nord américaines et l’ingérence des affaires internes arrivèrent à un point sans précédent. La politique extérieure de Bolivie se « narcotisa ». La Bolivie mis en place ses propres réponses au problème des cultures et la nécessité de l’éradication et mit en place le concept de développement alternatif et de responsabilités partagées. Mais dans les faits les États-Unis forcèrent les lois et actions dans ce champ où l’économie bolivienne fut sérieusement remise en question.

Gouvernement de Siles Zuazo (UDP)

L’Unité Démocratique Populaire (UDP) qui réunissait le Mouvement Nationaliste Révolutionnaire de Gauche (MNRI), le Mouvement de la Gauche Révolutionnaire (MIR) et le Parti Communiste de Bolivie (PCB) et Hernan Siles furent appuyés par le peuple. Cependant les tensions internes au parti, dont les différentes parties avaient des points de vue différents sur la méthode de gestion de la crise économique et la répartition du pouvoir, firent qu’il éclata avant la fin de son mandat.

Le Président promit une amélioration économique dans les 100 premiers jours de son mandat, ce qu’il ne put accomplir. Cependant, malgré les dissensions internes et les mauvais coups de l’opposition, Siles réussit à faire différentes œuvres publiques comme l’aéroport international de Santa Cruz (Viru Viru), la route Chimoré-Yapacani qui fait partie de la nouvelle route de Cochabamba - Santa Cruz et qui ouvrit une période d’intense constructions de routes.
En avril et octobre 1984 s’ouvrirent les premières chaines de télévisions privées, canal 13 à Santa Cruz (Red UNO) et les canaux 2 (Unitel) et 9 (ATB) à La Paz. La télévision privée changea profondément l’impact de ce moyen de communication sur l’histoire bolivienne récente.

Mais l’héritage le plus important de Siles fut la démocratie et le respect scrupuleux des droits et libertés des citoyens, car malgré tous les problèmes qu’il affrontait il préféra défendre la démocratie plutôt que de céder à l’autoritarisme.

L’idée de l’UDA était de consolider le modèle national-révolutionnaire de 52, basé sur une économie mixte avec une forte proéminence d’état sur base de la planification dirigée depuis le gouvernement. Ce dernier essaya six paquets de mesures économiques pour affronter la crise; sans succès car il ne put suivre une ligne cohérente à cause de l’opposition parlementaire, les pressions syndicales, ses propres incapacités et tensions internes.

La dette extérieure pesa fortement sur l’impossibilité de développer le pays; l’argent s’en allait pour payer la dette des pays plus développés. Le mouvement international contre le payement de la dette commandé par Fidel Castro n’eut pas de succès et la tentative de faire une négociation en bloc des endettés latino américains avec la banque international se rompit avant d’avoir commencé.
La Bolivie arrêta de payer la dette pour impossibilité pendant un certain temps. De plus Ernesto Aranibar, ministre des finances, lança la dé-dollarisation de l’économie, ce qui mena le pays vers l’hyperinflation la plus forte de son histoire; en 1985 l’inflation fut de 8767% !

La COB fit de nombreuses grèves et manifestations. La Banque centrale, par exemple, fit grève pendant 51 jours, il y eut des grèves générales de 4, 7, 9 et 16 jours. En mai 1985, 12000 mineurs prirent le siège du gouvernement, le paralysant pour plus d’une semaine et faisant pression, sans succès pour que Siles renonce à la présidence.

Klaus Altman-Barbie

Début 1983 le gouvernement décida de déporter en France, le criminel de guerre nazi Klaus Barbie, qui vivait en Bolivie en pleine impunité depuis plus de 30 ans et collaborait avec les gouvernements dictatoriaux. Barbie était arrivé en Bolivie et avait obtenu la nationalité bolivienne lors du premier gouvernement de Siles. En tant que SS il avait commandé la mort de milliers de personnes lors de la deuxième guerre mondiale; il fut condamné à la prison à vie et mourut en prison.
Barbie fut aussi accusé de conseiller les militaires de plusieurs dictatures et particulièrement celle de Garcia Meza.

Les choses arrivèrent à leur point le plus critique le 30 juin 1984 lorsqu’un groupe armé séquestra le Président pendant 10 heures. Un groupe militaire réussit à sauver le Président après avoir négocié l’asile des séquestreurs dans l’ambassade du Venezuela. Cette tentative de coup d’état était menée par des militaires et des partisans du MNR et de l’ADN. Ce coup d’état fut rejeté par les forces armées, la COB et les autres secteurs.

L’impossibilité de résoudre la crise poussa Siles à une mesure désespérée; une grève de la faim qu’il accomplit pendant 4 jour pour sensibiliser les partis et la COB afin qu’ils le laissent gouverner. Le Président finit par recevoir en réunion tous les partis politiques avec représentation parlementaire afin de trouver une porte de sortie, avec comme médiateur l’église. Après de longues négociations on demanda au Président de renoncer à sa dernière année de présidence et de convoquer de nouvelles élections mi 1985, ce qu’il accepta.

Il y eut 18 candidats aux élections de 1985, et c’est le Général Banzer qui gagna avec une majorité relative de 32,8%, tandis que Paz Estenssoro et le MRN avaient eut 30,4% des votes. Le congrès élu Président Paz Estenssoro du MNR.

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Source: 

José de Mesa, Teresa Gisbert, Carlos D. Mesa Gisbert : HISTORIA DE BOLIVIA; 7ème édition, Editorial Gisbert, La Paz, 2008

 
   
   
 

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