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Pépino; le roi du carnaval de La Paz
     
 


Bien que les années qui passent lui ont offert un terrible mal de dos, il ne peut s'en empêcher; c'est un vice. 
Chaque dimanche du carnaval il porte un chorizo, une arme fabriquée avec un bas en nylon rempli de sable, pour affronter le défilé.
Derrière son masque il est autre. Il frappe, on lui lance de l'eau et il se venge avec des confettis et de la farine...

Mais qui est-ce?

Ce personnage mystérieux c'est le Pépino, le bouffon principal du carnaval de La Paz.

Et comment faire pour devenir Pépino? Simplement porter son costume et son masque et entrer dans le jeu...

Son histoire

L'origine de ce personnage carnavalesque se trouve entre le pierrot français, l'arlequin et le Kusillo (un esprit jouette andin qui emporte les graines lors des semailles).

Lors du carnaval de l'époque républicaine (19ème siècle), le peuple organisait des mascarades singeant les élites pacéniennes et chantait des couplets populaires où il se moquait des autorités. Dans ces carnavals on retrouve les bouffons et l'arlequin, mais pas de Pépino...

Le Pépino serait un personnage propre à la Comedia del arte espagnole qui arriva au 18ème siècle en Bolivie. Il avait un bonnet à trois cornes, une chevelure en cuir de brebis et des dents en verre. 

On pense que son nom vient d'un clown uruguayen, Pépino 88. Cet artiste, Pépino Podesta, était un trapéziste qui devint clown et composa tout un répertoire de chansons, paroles et blagues liées à la réalité de cette époque. En plus des ses talents musicaux, Pépino 88, avait un spectacle interactif dans lequel il discutait avec le public. 

L'hypothèse serait donc que ce personnage serait arrivé à la Paz avec son cirque et resta imprimé dans les esprits qui, dès lors, le répliquèrent. 

L'histoire du carnaval de la Paz

Julio Cordero, à 68 ans, raconte ses souvenirs du carnaval du début du siècle;

"Le dimanche c'était le défilé du peuple. Le personnage principal était le Pépino. À cette époque on ne faisait pas de batailes d'eau. Le Pépino avait un masque triste ou content, et un sac plein de confettis, de serpentins et d'argent. Les enfants lui criaient "¡ Pépino! Saucisson sans caleçon!" et ils les frappaient avec son chorizo, ou les enfants criaient "chauchita! chauchita!" (petite pomme de terre!) et alors il leur lançait de l'argent."

Dans les années 40 et 50 les gens jouaient avec de l'eau de Cologne en bouteille de verre importées d'Espagne et de France et des confettis; il n'y avait pas encore de bataille d'eau.

Le lundi du carnaval, les comparses allaient visiter les maisons des marraines. Dans la haute société, on choisissait une reine et on la célébrait lors de grandes danses au théâtre municipal, à l'Hôtel Torino, au Club de La Paz, etc. La mairie organisait des mascarades.

La mardi était le mardi de ch'alla et le mercredi des cendres se déroulait à la campagne. Le vendredi de tentation on commençait les adieux du carnaval et le samedi on enterrait le Pépino sur la place de la garita. On faisait un autel en vieu carton sur lequel on mettait la poupée...en fait on ne l'enterrait pas on la défaisait. Les veuves apparurent des années après. 

Dans les années 60 apparurent les luttes d'eau et les "matasuegra" (tue la belle mère).

Le carnaval de La Paz 

Le carnaval commence le dimanche précédent le défilé des enfants avec le déterrement du Pépino qui initie les festivités qui vont durer plus d'une semaine. Pendant cette semaine on choisit une reine et on oblige le Pépino à se marier avec elle.

Les festivités commencent réellement le samedi matin avec le défilé des enfants, où les enfants, accompagnés de leurs parents, défilent sur le Prado (avenue principale du centre de La Paz), déguisés et jouant avec de l'eau et de la mousse.

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Le dimanche se déroule le traditionnel défilé du carnaval de La Paz, auquel participent divers groupes de danseurs. 

Le lundi du carnaval se célèbre le Jisk Anata, ou le Carnaval d'Autrefois, où les festivités se déroulent comme cela se faisait dans le passé, avec des costumes d'époque et de gala. Les danses venues des villages viennent rajouter de la joie et de la tradition à cette fête. Le personnage typique est le Hiskanata, un personnage d'autrefois.

Le mardi se fête le Mardi de Challa. C'est le jour de la traditionnelle Challa sur les biens des personnes, remerciant la Pachamama avec des serpentins, des confettis et la fête.

Le dimanche on enterre le Pépino dans le cimetière général de La Paz et on clôt les festivités. Le Pépino à un costume très coloré, décoré de grelots et un masque anonyme qui lui permet de frapper ceux qui veulent un "matasuegra" ou un "chorizo". Il porte des sacs de confettis, un sifflet, de la farine et de l'eau pour arroser les spectateurs et les participants de la fête. Lorsque quelqu'un est Pépino, personne ne peut le reconnaitre. Il peut donc faire tout ce qu'il veut; mouiller les gens, draguer les filles, décorer les gens avec des serpentins ou leur lancer des confettis. Mais il faut aussi danser, chanter, ... bien qu'on ne saches pas toujours avec qui!

Le Saviez-vous?

Les statistiques montrent que neufs mois après le carnaval les accouchements à La Paz sont élevés. C'est pour cette raison que lorsque l'on demande à la future maman qui est le père, elle répond souvent "Pépino"! 

L'enterrement de Pépino 2011

Cette année, à cause des glissements de terrain qui ont eu lieu dans la capitale et les 5000 personnes restées sans foyer, la mairie n'a pas participé aux festivités et beaucoup d'activités ont été suspendues.

L'enterrement du Pépino quant à lui, bien qu'avec moins d'entrain que les autres années, s'est déroulé avec plusieurs centaines de participants et a marqué la fin des festivités du carnaval.

Dès 10h30 et jusu'à la fin de l'après midi les danseuses ch'utas ont défilé depuis la place de la garita jusqu'à la Zone de El Tejar où s'est fait enterrer le roi du carnaval. 

Le défilé fut présidé par les dirigeants de l'association des figurants qui ont monté l'autel du Pépino et ont mené la cérémonie. "Lève toi, lève toi donc Pépino!Regarde tes enfants, regarde tes veuves que tu laisse!" Avec une tristesse théâtralisée, les participants sermonnaient la caisse de bois contenant les restes de Pépino. 

Le président de l'association fit un discours, disant que le pauvre Pépino a une courte vie; il prend vie pour réjouir le carnaval pour ensuite disparaitre, heureusement il prend vie chaque année et reviendra l'année prochaine. 

La fête est triste et joyeuse en même temps, c'est le dernier jour du carnaval et il se fête grandement; il y a plus de 500 fraternités de danseurs qui accompagnent l'enterrement du Pépino. Cette journée s'est déroulée dans la joie, au rythme des danses traditionnelles et des verres de bière, mais non sans une arrière pensée pour les personnes endommagées par le glissement de terrain de la Paz...

Sources:

http://es.wikipedia.org/wiki/Carnaval_de_La_Paz

http://www.laprensa.com.bo/noticias/14-3-2011/noticias/14-03-2011_12978.php

http://gumucio.blogspot.com/2007/02/me-importa-un-pepino.html

 
   
   
 

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