Le 31 octobre 1952, Paz, sous le contrôle ouvrier, signa le décret de nationalisation des mines. La nationalisation convertissait tous les biens (gisements et installations) des trois grandes entreprises (Patiño, Hoschild et Aramayo) en biens d'État.
Pour l’administration des mines de l’état on créa la Corporation Minière de Bolivie (COMIBOL) qui commença sa gestion avec peu de capitaux pour opérer et surtout une machinerie obsolète et beaucoup de veines en déclin de production ou simplement épuisées. Cela fit que les coûts de productions furent très élevés et abaissèrent encore la compétitivité de l’étain bolivien. À cela s’ajouta le fameux « changement de la raison sociale », à travers lequel on payait des bénéfices sociaux à tous les ouvriers des mines nationalisées et après on les réengageait, ce qui produisit encore de l’inflation.
Cependant le pays gagna beaucoup à nationaliser les mines car il touchait directement et entièrement les bénéfices de ce secteur de production. Cependant comme il n’avait pas de fours de fontes il resta dépendant de ceux qui étaient situés à l’étranger, appartenant à Patiño principalement, et fit perdre de la valeur aux minéraux bruts exportés. De plus l’inexpérience administrative et la soumission forcée aux syndicats débouchèrent sur un haut niveau de bureaucratie et une augmentation excessive de travailleurs et fonctionnaires. On paya aux entreprises affectées par la nationalisation une indemnisation de 21 000 000 $.
L’administration directe des mines, et l’argent qu’elle fit gagner à l’état, permit de mettre en place la diversification économique; spécialement dans es secteurs agronomiques et agro-industriels des plaines orientales et la capitalisation de YPFB qui lui permit de devenir rentable et exportatrice.
La conséquence fondamentale de la nationalisation fut d’avoir transformé fondamentalement le pays ; en 1952 les mines représentaient plus de 80% des revenus totaux de la nation.
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Source:
José de Mesa, Teresa Gisbert, Carlos D. Mesa Gisbert : HISTORIA DE BOLIVIA; 4ème édition, Editorial Gisbert, La Paz, 2001