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Le 17ème
     
 

Philip III of Spain.jpgL'Espagne 

Le 17ème siècle marque le début de la décadence de l'Espagne. Philippe II meurt en 1598 et lui succède son fils, Philippe III qui délaisse le pouvoir à des favoris qui gouverneront le pays dans leur intérêt et non pour le peuple. 

L'argent et l'or importés des Indes serviront à payer les nombreuses guerres de religion contre le protestantisme. De là une classe de soldats se forme qui deviendra, en dehors des guerres, une classe oisive, consommatrice mais improductive. Par ailleurs une grande partie de la population appartient à la classe ecclésiastique qui, elle aussi, se sustente des productions de la classe travailleuse déjà faible. De plus l'Espagne refuse de faire du commerce avec d'autres pays à cause de ses soupçons d'hérésie.

L'Audience de Charcas 

L'Audience quant à elle est à son apogée. La conquête est terminée et les conquistadores installés sécurisent leurs terres. On construit de nouvelles villes telles qu'Oruro, Trinidad, Reyes et quasi toutes les terres sont connues. À cette époque se développe la classe sociale des créoles qui, à travers les guerres civiles, montrent leur esprit rebelle. De l'autre coté la classe indienne reste soumise et n'a pas le pouvoir de protester, sauf dans les missions jésuites où elle se dédie à l'artisanat et est exempte de la mita et du yanacona. 

Potosi

Potosi, centre économique du pays est en pleine apogée économique mais aussi en pleine guerre de bandes

Potosi fut la ville la plus mouvementée du 17ème siècle. En 1611 il y a 150 000 habitants à Potosi; 66 000 indiens, 40 000 espagnols, 3000 créoles de Potosi, 35 000 créoles et 6000 esclaves. 

À la fin du 16ème siècle se développe une lutte entre les basques qui avaient acquis les faveurs politiques et les richesses de Potosi et les créoles et espagnols d'autres provinces appelés vigognes à cause du chapeau qu'ils portaient en laine de vigogne, qui restaient sans les faveurs des politiciens.  

Les luttes quotidiennes entre les deux bandes furent cruelles et sanglantes. Peu à peu, par jeu de vengeances, les effectifs des deux bandes grandirent jusqu'à atteindre des proportions énormes. Les dirigeants de la ville prennent part pour les basques et la lutte prend forme d'une guerre civile. Cependant les basques étant avec le pouvoir eurent le dessus et, en 1625, les troupes des vigognes sont dispersées et leurs leaders exécutés. En 1641 les vigognes sont complètement déroutés. 

Le saviez-vous?

En 1626 l'effondrement du barrage de la lagune de sicasica de Potosi fut sans doute la plus grande catastrophe de l'époque. Moururent 120 travailleurs et 4000 habitants, l'inondation balaya littéralement la ville et le campement de mineur et les pertes matérielles s'élevèrent à plus de 8 millions.

C'est lors de la reconstruction de la ville, en 1627, que Potosi commence à prendre l'aspect qu'elle a encore aujourd'hui.

Fin 17ème les plaintes à propos de la mita furent si fortes que le vice-roi déclara que les idniens travaillant pour la mita devait être payés autant que les mineurs volontaires. Ces réclamation évitèrent aussi l'extension du système de la mita à 14 provinces de plus (elle s'étendait alors sur 16 provinces).

L'augmentation du prix de la main d'oeuvre associée à la dévaluation de la monnaie par Nestares Marin, président de l'audience de Charcas, suite à la falsification de la monnaie (voir encadré), font entrer la ville de Potosi entre en pleine décadence économique...

Falsification de la monnaie 

Don Francisco de la Rocha, maire de Potosi, reste dans l'histoire du pays comme étant le premier falsificateur des pièces d'argent de la villa impériale. Il mettait simplement du cuivre dans les pièces jusqu'à atteindre le poids de la loi. L'argent en surplus allant remplir ses rentes...

Il fut arrêté ainsi que ses complices et Ramirez, le testeur des pièces fut pendu. Les biens de tous les complices, soit 36 millions, furent confisqués.

Chuquisaca

La fondation de l'archevêché et l'importance croissante de l'audience de Charcas firent du 17ème siècle le siècle d'or de la ville. De l'archevêché dépendait les missions du Paraguay qui était 14 et comptaient 30 000 indiens. 

C'est à cette époque que fut créée l'université de San Francisco Xavier (Chuquisaca, 1624). Avant sa création les jésuites enseignaient déjà le quechua. L'université ouvrit avec sept chaires (2 de théologie scolastique, 1 de morale, 1 d'art, 2 de latin, et 1 d'aymara) et la faculté de droit fut fondée en 1681.

L'influence de l'université fut grande sur tout le territoire du haut Pérou; la doctrine enseignée fut la philosophie scolastique traditionnelle, rénovée par la scolastique espagnole des 16ème et 17ème siècles. La scolastique de cette université fut connue sous le nom de syllogisme du haut Pérou, celle qui lança les idées d'indépendance et remit en question l'autorité de la monarchie. Les jésuites enseignaient les pensées de saint Thomas, selon laquelle l'autorité de l'état se trouve en Dieu, de qui elle passe directement au peuple. Le peuple, à travers chaque individu, cède son pouvoir à une personne qui devient le représentant de l'autorité que le peuple lui a cédé. Selon cette conception, la scolastique espagnole dirigée par Francisco Suarez, acceptait la destitution voir le régicide si le tyran refusait l'accomplissement de la loi naturelle. 

La Paz

La ville de la Paz atteint une certaine importance au début de ce siècle. Elle devient le siège du nouvel évêché, on y construit un grand centre de production d'artisanat et elle devient le centre d'affluence des productions agricoles de la région. C'est à cette époque également que furent construites la cathédrale et la maison des jésuites

En 1623 il y eut un soulèvement des indiens de la vallée du Zongo qui tua plus de 30 espagnols. Le vice-roi du Pérou envoya une troupe de plus de 200 hommes pour mater la rébellion mais ils n'eurent pas à se battre car le frère franciscain Bernardino de Cárdenas réussit à pacifier les indiens. 

En 1533 furent mis en place de grands "obrajes". Ces grands ateliers de production de tissus ont fournis en tissus et vêtements une grande partie de l'altiplano. 

À la moitié du 17ème siècle a lieu la rébellion des créoles et métisses qui voulaient le pouvoir. Cette rébellion de 4 mois, lancée à la Paz enflamma le pays de Cuzco à Potosi mais fut pacifiée.

Culture

À cette époque la haute société participe à des fêtes luxueuses, des corridas, des mascarades, des comédies, jeux de canne (tournois), etc.

À cette époque se développe également le théatre pour les indiens, en quechua ou en aymara afin de les évangéliser. Les thèmes étaient soit historiques soit religieux. Ces oeuvres étaient produites par les indiens eux-mêmes et accompagnées de musique et de danses.

La connaissance des langues par les missionnaires augmente et ils écrivent des grammaires et livres de vocabulaire en quechua, aymara et guarani. De plus l'imprimerie fait son apparition à Lima en 1583 et à Juli (lac Titicaca) en 1612; cela aidera grandement à la diffusion des savoirs. 

Les guildes d'artisans apparaissent afin de se protéger mutuellement et de développer l'art du groupe. C'est dans ces guildes que les apprentis apprenanient leur métier et devenaient, après un certain temps, maîtres. Chaque corporation travaillait sous la protection d'un saint patron fêté un certain jour de l'année. Ils étaient rassemblés par spécialité et par rue, c'est ainsi que encore aujourd'hui certaines rues portent encore le nom de la corporation qu'elle abritait, comme par exemple la rue des potiers à Potosi. 

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Source: 

José de Mesa, Teresa Gisbert, Carlos D. Mesa Gisbert : HISTORIA DE BOLIVIA; 4ème édition, Editorial Gisbert, La Paz, 2001

 
   
   
 

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